Combien de spectacles cette année ? Va-t-on parvenir à dépasser la barrière des 1000 par jour ?
Comme une course effrénée mais pourquoi ?
Y a-t-il une raison valable à ce "plus", "toujours plus" …
Non, aucune…
Si encore, le nombre faisait baisser le prix des billets d’entrées, d’accord !
Si encore les directeurs de salles s’accordaient pour ne pas provoquer chez les comédiens un endettement qui amène souvent à la catastrophe on comprendrait … mais, ce n’est pas le cas !
C’est le contraire !
Avignon la mystique devient Avignon la pute où tout est bon pour faire du fric !
Les restaurateurs s’improvisent responsables de cuisine pour proposer des salades immondes aux légumes jaunis qu’ils vous refilent sur un coin de table bancale avec un maximum de vinaigre car au
moins, cela fait passer le goût de pourri…
Et faut la bouffer en vitesse, pas le temps de se commander un café ou de finir le pichet de rosé trop chaud à 8 Euros le demi litre parce qu’il y a du monde qui attend pour se caler l’estomac
entre deux représentations dans une salle soit trop climatisée, donc en pleine digestion : chiasse garantie, ou une salle pas climatisée du tout, donc : gerbe assurée…
On ne parle pas des Avignonnais de base qui osent louer leurs taudis, là où ils s’enferment l’hiver en bougonnant, en répétant les sempiternelles remontrances :
"Oh, il ne se passe jamais rien dans cette ville…", alors qu’en plein hiver, s’il y a une manifestation artistique théâtre ou expo, ils restent chez eux à regarder Tf1 …
Bienvenue chez les provençaux ! 1500 Euros un deux pièces centre ville, et encore, on peut s’estimer heureux !
Bien sûr, il y a des gens honnêtes, toute généralité est dangereuse, mais la tentation de ne pas se faire du fric sur cette manifestation annuelle est immense pour la refuser !
In et Off
On fait la queue un mois plus tôt pour découvrir les créations snobinardes où il faut être vu !
On ne comprend pas tout, mais, c’est le In, cela vaut bien le détour …
On voit quelques spectacles dans le Off, d’abord dans les "vrais" théâtres, où on est bien assis ! Les Théââââââtres subventionnés, au nom à la con, nom d’un arbre cramoisi par exemple.
Avec souvent un spectacle sur la Provence ou pire encore, un spectacle à message :
" Oh comme l’intolérance, c’est pas bien, oh, comme la guerre, c’est cruel ! Oh comme les prisonniers sont maltraités et que les femmes doivent être respectées dans ce monde de brutes ! "
Et on se congratule si on aperçoit le metteur en scène qui a repéré le créneau qui fonctionne, le créneau recto verso.
Recto, je lèche le cul du pouvoir, verso je donne l’impression de défendre la veuve et l’orphelin!!
Bien sûr, il reste les salles des comédiens pauvres où au bout d’une heure, on a tellement mal au cul que l’on entend plus rien de ce qui est dit sur scène.
Les fesses communiquent avec les oreilles quand les unes sont malmenées les autres restent bouchées…
On vient voir le petit comédien, le petit saltimbanque, le petit bouffon qui essaye tant bien que mal de divertir ces cinq spectateurs par jour !
Au bout d’une semaine, on finit par remarquer que ces costumes sont fripés, son visage devenu gris, ses yeux n’ont plus la même lueur d’espoir qu’au début du festival et on attend sa chute, comme
dans une corrida au moment fatal où le connard amateur de sang a un orgasme devant la mort d’un animal qui de toute façon n’avait aucune chance de s’en sortir !
Avignon, son festival, c’est aussi cela !
Mais, ce n’est pas qu’une mise à mort et une foire commerciale où théâtre business subventionné s’associe à restaurateurs empoisonneurs et marchands de sommeil sous l‘oeil goguenard et alcoolisé
des patrouilles de CRS qui défilent, piètre parade représentative d‘un gouvernement qui mise plus sur la répression que la prévention !
Avignon, c’est aussi une rencontre avec un public, de vrais moments d’amour avec une poignée de compagnies qui continuent de penser que le fric n’a pas tout bousillé !
Que le Mot reste plus important que l’acceptation télévisuelle dans ses débordements !
Il n’ y a pas deux festivals comme on aimerait nous le faire croire et accepter : le In et le Off, non, il y a le Vrai et le Bidon !
Celui qui se fait avec les tripes et celui qui n'existe que pour le gain qu’il ramène !
Il serait con et dangereux de dire que tous les spectacles du In sont pourris et crées par une poignée d’abrutis intéressés comme il serait con et dangereux aussi de dire que tous les acteurs du
Off sont des artistes de coeur qui ne vivent que par la passion de la scène !
Non, il y a des cons dans tous les secteurs !
Il est plus judicieux de remarquer simplement les lieux et les gens qui exploitent les troupes dans des tarifs exorbitants pour jouer dans un garage ou dans une belle salle comme il est judicieux
de fuir les bouges qui vous empoisonnent !
Et le prix des billets comme le prix d’un menu ne rime pas avec qualité, bien au contraire…
Avignon doit rester festif, doit rester rencontre!
Par amour du gain, et manque d’intelligence, ces abrutis loueurs et massacreurs d’estomac sont en train de tuer la poule aux oeufs d’or qu’ils engraissent durant l’hiver !
Con et cupide font rarement bon ménage en terme de longévité, ils devraient le savoir !
Avignon doit continuer à exister dans le partage !
Cette année, un membre actif de l’association AFC avait même dans l’idée d’interdire la
Ville aux vendeurs de bijoux, aux chanteurs de rues… aux saltimbanques qui n’avaient pas trouvé de lieux à louer faute de moyens…
Belle mentalité !
A la question perfide car j’attendais sa réponse :
" Mais comment appliquer cette mesure ? "
Il me répliqua :
" La police peut s’en charger et les rabattre en dehors des murs… "
Merveilleux, non ?
Pourquoi pas un stade, un vélodrome pour ceux qui ne peuvent se produire intra mur ?
Remarque ignoble à la base venant en plus d’un artiste …
C’est justement contre ce genre d’idées, de réactions qu’il faut que le Festival continue d’exister dans son idée première :
L’ECHANGE !
Et si cette année, on se plante et si l’échange, les rencontres ne se font pas ou plus …
Il ne nous reste plus qu’à ouvrir l’année prochaine un snack histoire d’empoisonner à notre tour ceux qui auront tué notre espoir …